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Ensemble ! Deux-Sèvres

Mouvement pour une Alternative de Gauche, Ecologique et Solidaire

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La Crise des Dettes Suveraines

La crise des dettes souveraines en Europe et dans la zone euro s’est exacerbée à partir de décembre 2009, lorsque les marchés ont commencé à spéculer contre la dette grecque. A vrai dire, elle n’est que la suite de la crise du capitalisme : son troisième moment, après la crise financière de 20072008 et la récession qui s’en est ensuivi. Elle résulte, pour une part, de la transformation des dettes privées en dette publique, lors du sauvetage des banques après la faillite de Lehman Brother . Pour autant, cette crise n’est pas uniquement causée par l’impact de la crise financière de 20072008. Ses prémisses remontent au nouveau mode d’accumulation du capital qui s’est mis en place dans les années 80 (le tournant néolibéral).

I. LA DETTE AVANT LA CRISE DE 2007

La dette prend son essor, en France comme presque partout ailleurs, à l’époque des débuts de la libéralisation financière. Elle passe de 20% du PIB en 1980 à 35% en 1990, avant que sa croissance ne s’accélère à partir de 1991 pour atteindre 60% sous le gouvernement Juppé en 1997 et 64% en 2007 avant la crise. Depuis la crise, elle est passée de 64% à 81,7% en 2010 et même 84,5% au premier semestre 2011. On le voit, en plus de 30 ans, le montant de la dette publique a quadruplé. Avec une accélération depuis la crise (équivalente à presque 18 points du PIB). Mais de 1999 à 2007 elle avait déjà augmenté de 5,2 points de PIB (64%58,8%). A quoi est due cette montée de la dette jusqu’à 2007 ?

I.1. La réponse de la droite est claire et néanmoins fausse : la dette vient de « la préférence pour la dépense publique » (rapport Pébereau de 2005). En clair, la France dépense largement « au dessus de ses moyens ».

Il est vrai que la dette provient des déficits courants des budgets année après année. L’Etat est obligé d’emprunter, en émettant des titres de la dette publique, à long terme (obligations remboursables de 7 à 50 ans, à taux fixe ou variable) et à court terme (bons du Trésor de 2 ou 5 ans, sans compter ceux à très court terme de 4 à 7 semaines), pour financer les déficits successifs. Chaque année il paye les intérêts de ces emprunts, mais aussi la valeur de « capital » emprunté quand il arrive à échéance, au bout de 2, 5, 10, 15, 30 ans etc. La plupart du temps, comme les budgets sont en déficit (par exemple, c’est le cas de la France de 2005 à 2010) il n’y a pas d’argent pour payer les intérêts et le remboursement du « capital » : l’Etat émet alors, année après année, de nouvelles obligations qui aggravent la charge de la dette. Il faut, au sujet de dépenses publiques soit disant excessives, faire deux remarques préalables.

● Les dépenses publiques sont officiellement l’addition des dépenses des administrations publiques centrales, dont celles de l’Etat (APUC) plus celles des administrations publiques locales (APUL : communes, conseils généraux, régions), plus les administrations de sécurité sociale (ASSO : les régimes de sécurité sociale, les hôpitaux, les régimes de retraite complémentaire obligatoire, l’assurance chômage). Le traité de Maastricht a intégré, de façon arbitraire, la dette de la Sécu dans le déficit public annuel. Pour nous, c’est additionner les choux et les carottes car le budget de la Sécu ne relève pas du budget de l’Etat, même au sens large. Il est assis sur le salaire socialisé, qui ne relève pas de la fiscalité redistributive mais du prix de la force de travail, dans la distribution primaire de la richesse produite entre salaire et capital. Cette inclusion abusive dans les « prélèvements obligatoires », qui confond impôt et salaire socialisé, ne sert qu’a justifier le refus de la bourgeoisie de payer désormais le salaire socialisé (et surtout son augmentation nécessaire, bloquée depuis 1979), au nom de la compétitivité et de la baisse du coût du travail.

Cette remarque est d’autant plus nécessaire que, entre 1980 et 2005, les dépenses de protection sociale (les dites ASSO) ont représenté 70% de la hausse des dépenses publiques. Elles passent de 360 milliards en 2002 à 460 milliards en 2008. Ou, si l’on veut, le poids de la protection sociale passe de 19,9% du PIB en 1980 à 25,9% en 2009. Évolution normale au vu de l’expansion nécessaire des sommes consacrées aux retraites et aux besoins de santé. Elle manifeste paradoxalement, au surplus, la résistance des salariés à la destruction de « l’Etat social », malgré les multiples attaques et régressions dont sont victimes les droits sociaux à la santé ou à la retraite depuis des années.

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La Crise des Dettes Souveraines - 2011

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